Coups de cœur musicaux de 2017

Bon, je sais, j’ai trainé… Nous sommes en mai et je partage seulement maintenant mes coups de cœur musicaux pour l’année 2017…

Pourtant, l’année passée fut à mes yeux, musicalement formidable. Que de bons albums ! Ce fut une nouvelle fois difficile de sélectionner mes trois préférés !

ADAGIO – Life : Je commence avec cette belle surprise Made In France. Groupe de métal progressif porté par le guitariste virtuose Stéphan Forte, Adagio a sorti en 2017 un vraie pépite, peut-être son meilleur album à ce jour. Les compositions sont riches en ambiances – tour à tout lumineuses, ethniques, mélancoliques… (‘The Grand Spirit Voyage’ et ‘Subrahmanya’), très variées dans les styles (de la balade au titre ultra-Djent ‘Darkness Machine’ en passant par ‘Life’, le titre prog’ par excellence) et certains refrains sont très entêtants. Le chanteur, américain, est incroyable dans le style (mais ne plaira pas à tout le monde). Les parties de guitares et de basses sont quant à elles monstrueuses et hormis quelques gimmicks vraiment pompés au Dream Theater des débuts (démarche que j’imagine volontaire), l’album est d’une très grande originalité, comme le laissait présager sa splendide pochette. Déjà, un sérieux prétendant pour mon podium !

ANNIHILATOR – For The Demented : Voici un très bon cru qui dépasse allègrement les 4 ou 5 précédents albums du groupe. On retrouve la fraîcheur et la folie de ses débuts, avec certes des morceaux moins thrashs, mais quand même bien rythmés. Jeff Waters, le guitariste qui gère ce groupe et y a fait passer plus de musiciens que de doigts sur vos mains et pieds réunis, occupe de nouveau le rôle de chanteur et, même sis ce n’est pas sa force, il assure (comprenez il a fait bien pire !). Malheureusement les deux derniers titres, bien en deçà du reste, et sa courte durée ne justifient pas de faire grimper cet album sur les marches de mon podium 2018.

ICED EARTH – Incorruptible : Tout pareil que pour Annihilator ! Iced Earth revient avec un album renouant avec son style de prédilection, à l’image du très bon Dystopia qui suivaient lui-aussi des albums médiocres. Mention spéciale pour le dernier titre ‘Clear the Way (December 13th, 1862)’ et l’instrumental ‘Ghost Dance’ qui sont tous les deux très inspirés et vraiment épiques.

JACK STARR’S BURNING STARR – Stand Your Ground : Avec des titres et paroles assumés que nombre de politiciens conservateurs actuels ne renieraient pas, Jack Starr fait dans le heavy ‘classique’ et le fait bien. Certes, rien de nouveau musicalement mais il y a un petit quelque chose qui rend l’album intéressant, attachant et rafraîchissant. C’est peut-être le fait des compositions bien ficelées, ou du jeu subtile et peu démonstratif du guitariste, ou alors de la production moderne pour le style. En tout cas, 5-6 compositions passent bien et donnent envie de les réécouter grâce la bonne humeur et l’énergie qu’elles procurent. Jack Starr qui aura 70 ans en 2020 (pas vraiment un débutant !!!), est entouré de « jeunots » qui assurent pour l’occasion. Mention spéciale au chanteur qui colle parfaitement au style et apporte beaucoup de conviction (mais qui fait dans la mièvrerie absolue en solo 😉

KREATOR – Gods Of Violence : Ce vieux groupe de thrash allemand qu’est Kreator a fait fort dès le début de l’année 2017 en sortant un album qui a pris tout le monde de cours et qui depuis, a été classé Album de l’année par moult chroniqueurs. Et c’est mérité ! À l’opposé des Metallica et consorts tombés en disgrâce après 5 albums, Kreator réalise au contraire une seconde partie de carrière exemplaire en sortant de beaux petits brulots, album après album. Sur Gods of Violence, les compositions sont adoucies, plus mélodiques (tout est relatif évidemment 😉 et les tempos ralentis. Mais les marques de fabrique du groupe et la voix hurlée de Mille, bien présentes, démontrent que le groupe élargit sa musicalité pour encore plus se faire encore plus violence quand nécessaire. Derrière les déflagrations, les titres se révèlent à partir de la seconde écoute avec des riffs et des refrains extrêmement entêtants que l’on se surprend à fredonner quelques heures après l’écoute mais aussi plusieurs jours plus tard. Par contre, nul besoin de s’attarder sur les paroles car toujours sombres, apocalyptiques et post-apocalyptique, anticléricales et antimilitaristes, voir prônant l’anarchie, elles n’apportent rien de nouveau. C’est l’énergie folle dégagée par cet album qui lui assurera sa postérité.

LEPROUS – Malina : Bien loin du metal progressif de leurs débuts, les musiciens de Leprous simplifient leur propos et les structures de leurs morceaux (tout en restant techniquement complexes à exécuter) et se concentrent sur le son, l’image et leur univers. Quelques écoutes plus tard, une fois la surprise passée et la démarche digérée, les morceaux deviennent addictifs. Comment ce groupe fait-il pour se renouveler autant sans perdre son identité ? Et pourquoi sa musique imprègne t’elle tous les pores de ma peau, toutes les cellules de mon corps ? Tout simplement incroyable ! Le groupe prends une nouvelle fois la première place de mon  podium… après 2011, 2013 et 2015… Oui, je suis fan !

PAIN OF SALVATION – In Passing The Light Day : Le torturé et mégalomane Daniel Gildenlöw revient avec un excellent album de pur prog’, un retour aux sources après les expérimentations folk et blues réussies de Road Salt I et II et un séjour à l’hôpital (psychiatrique ?). Très bon, ce nouvel opus met en lumière un nouveau second gratteux jeune et talentueux (mais remercié quasiment dans la foulée de la sortie de l’album…) et dans l’ensemble des compositions plus accessibles que par le passé.

QUEEN OF THE STONE AGE – Villains : Les « rockeurs du désert » reviennent avec un album, qui très déroutant aux premiers abords, se révèle après plusieurs écoutes. Ne cherchez pas de grosses rythmiques et de titres puissants, le groupe s’éloigne ici du rock énergique et puissant qui l’a relevé pour délivrer une rock très teinté de pop. Et ça fonctionne et fait de nouveau mouche grace aux ligne de chant de Josh Homme, toujours inspiré. Bravo !

RAGE – Seasons Of The Black : Comme je l’avais pressenti en 2016 avec le départ de Victor Smolski, le groupe n’est plus que l’ombre de lui-même. Aucun intérêt. On passe.

REX BROWN – Smoke On This : Voici une belle surprise qui aurait pu figurer sur mon podium (mais c’était sans compter ce qui va venir ci-dessous…). Quel plaisir de retrouver Rex Brown, le discret mais talentueux bassiste de feu Pantera. Faisant office de catharsis suite au meutre de son pote Dimebag (guitariste de Pantera abattu en plein concert par un malade à Columbus en 2004), Rex signe des compositions personnelles mélangeant rock (sudiste), blues et folk, aux antipodes du groupe qui lui a apporté gloire et beauté. Assurant aussi des guitares et le chant, on lui découvre un sympathique timbre rocailleux lorgnant vers un certain Lemmy. À boire avec un verre de Jack après avoir garé sa Harley. Vraiment sympa.

SÓLSTAFIR – Berdreyminn : Je ne comprends pas un mot d’Islandais, la langue maternelle de ce groupe… Et c’est vraiment dommage car pour le coup, ayant vraiment accroché sur les compositions empreintes de mélancolie de cet album, j’aurais aimé en savoir plus sur les sujets traités par le groupe. Une belle découverte en tout cas qui me donne envie d’approfondir la discographie du groupe.

ULTRA VOMIT – Panzer Surprise ! : Neuf ans après l’OVNI « Objectif : Thunes » qui relevait au monde de-la-France l’étrange alchimie entre le metal et l’humour et son potentiel destructeur sur nos zygomatiques et nos ceintures abdominales, le bien nommé Ultra-Vomit revient avec un énième bassiste et un nouvel album toujours remplies de parodies – avec en vrac et entre autres, des bouts de Rammstein, Panthera, Iron Maiden, AC/DC, NOFX, Ghost, Gojira, Tagada Jones, Nirvana – et quelques nouvelles compositions originales. Exécuté d’une main de maitre, avec une production dantesque, l’album est sensationnel et apporte joie et bonne humeur à toutes les oreilles capables qui aime la dérision. Au delà des paroles stupides en veux-tu en voilà, le groupe est simplement le reflet de la vie, certes elle se doit d’être sérieuse mais quelle valeur ajoutée avec un brin de folie ! Mention spéciale d’actualité en ce printemps 2018 avec les grèves multiples de la SNCF, écoutez Le train fantôme pendant ces moments de galères, cela vous donnera un peu de baume au cœur. Bref, un album qui apporte une grande bouffée d’air et de la bonne humeur et vous ne les verrez jamais dans les médias « grand public ». Avec d’un côté Gojira et de l’autre Ultra-Vomit, la France n’a plus à rougir en terme de production « métallique ». Chouette !

Et voilà pour 2017 !

Mes 3 albums préférés sont donc…